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jeudi 5 mars 2009

le conflit social de magneto s'enlise

Alors que les salariés sont en grève depuis jeudi 26 février, faisant incontestablement preuve du plus grand sens des responsabilités, aucun signe n’est donné, ni par la direction de l’entreprise, ni par le gouvernement, pour trouver une issue au conflit.

Pire, la direction de Magnetto met chaque jour davantage d’huile sur le feu : recrutement d’intérimaires en plein chômage partiel imposé aux salariés, demande en justice d’évacuation des grévistes et embauche massive de vigiles comme seule réponse au déclenchement du mouvement, nouveaux recrutements illicites d’intérimaires pour remplacer les grévistes, déménagement intempestif de machines-outils…

Le Parti socialiste s’interroge sur la stratégie de l’entreprise PSA à l’égard de son sous-traitant. Pourquoi s’est-il jusqu’à présent totalement désintéressé du conflit social chez Magnetto ? Entend-il faire payer à ses sous-traitants le prix de la préservation de l’emploi sur ses propres sites? Compte-t-il enfin faire en sorte que ses sous-traitants et leurs salariés bénéficient des 6,5 milliards d’euros d’aides accordées par l’Etat aux constructeurs automobiles ?

Dans ce conflit, les salariés et leurs représentants syndicaux sont exemplaires par leur modération et leur sens des responsabilités: ils ont accepté la modération salariale, l’accélération des cadences et la mise au
Chômage partiel. Ils ne touchent pas un centime de la défiscalisation des heures supplémentaires dès lors qu’ils travaillent tous en 3 X 8 heures, ni des 6,5 milliards d’euros accordés par Sarkozy aux seuls constructeurs.

Que leur vaut cette attitude conciliante : l’intransigeance et les provocations de leur direction d’une part et la passivité du gouvernement d’autre part.

Comment ne pas comprendre qu’ils s’indignent maintenant de ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une stratégie de la direction de PSA qui capte tout le bénéfice du plan de soutien au secteur automobile et fait payer à ses sous-traitants les difficultés du secteur. Comment ne pas comprendre qu’ils s’indignent de l’impunité dont jouit la direction de leur entreprise alors qu’elle parie délibérément sur le pourrissement du conflit.

Le Parti socialiste appelle une nouvelle fois la direction de l’entreprise Magnetto à accepter la demande de médiation faite depuis vendredi dernier par les salariés grévistes pour sortir du conflit. Il appelle le gouvernement à faire respecter par PSA les prétendues contreparties fixées aux constructeurs à l’égard de leurs sous-traitants en l’échange de l’aide gouvernementale.

Communiqué de Benoît HAMON, Porte-parole,
De Guillaume BACHELAY, Secrétaire national à l’Industrie et aux NTIC
Et d’Alain VIDALIES, Secrétaire national au travail et à l’Emploi

mercredi 4 mars 2009

Grève à l’usine Magnetto d’Aulnay-sous-Bois

Grève à l’usine Magnetto d’Aulnay-sous-Bois

Le 3 mars 2009

Près de 400 salariés de l’usine Magnetto Automotive d’Aulnay-sous-Bois, sous-traitante automobile de PSA, mènent une de grève pacifique depuis jeudi pour la défense de leur emploi et de leur pouvoir d’achat. Le mouvement social engagé n’est que la conséquence du comportement de la direction de l’entreprise.

En effet, alors que courant février, en pleine négociation sur les salaires, la direction de Magnetto a imposé aux salariés une forte modération salariale, une polyvalence sur les postes, une accélération des cadences, et une mise au chômage partiel, les salariés ont constaté, dès le premier jour de chômage partiel, la présence de salariés intérimaires sur toute la chaîne de production. En réaction, les salariés se sont mis en grève jeudi dernier. Or les grévistes ont pu constater qu’avant même le mouvement se déclare, des huissiers de justice étaient déjà présents sur le site et chargés, à la demande de la direction, de relever les noms des grévistes. Dès vendredi, les grévistes étaient assignés devant le Président du TGI de Bobigny pour être expulsés. Lundi matin devant le juge, la direction de l’entreprise a été contrainte de reconnaître à plusieurs reprises que la grève était parfaitement pacifique et ne donnait lieu à aucun débordement, se montrant incapable de justifier l’expulsion. Le Président du TGI ne jugeait même pas urgent de se prononcer, renvoyant la date du délibéré à vendredi.

Dans ces conditions, il est absolument injustifiable que la direction vienne aujourd’hui annoncer aux salariés sa décision de sortir de l’entreprise des éléments de l’appareil de production, en l’occurrence des machines nécessaires au fonctionnement des chaînes. Cette nouvelle menace est légitimement vécue comme une provocation par les salariés de Magnetto.

Le Parti socialiste demande donc instamment à la direction de l’entreprise de ne pas mettre à exécution cette menace de déménagement des machines.

Il appelle ses représentants de l’entreprise et les représentants des grévistes à se mettre autour de la table pour parvenir dans les plus brefs délais à une solution négociée pour sortir du conflit.

Une délégation du Parti socialiste, composée de Benoit HAMON, Claude BARTOLONE, Président du Conseil général et Gérard SEGURA, se rendra sur place en fin d’après-midi ce mardi 3 mars 2009, boulevard de l’Industrie à Aulnay-sous-Bois

Communiqué de
Benoît HAMON, Porte-parole
Alain VIDALIES, Secrétaire national au Travail et à l’Emploi,
Guillaume BACHELAY, Secrétaire National à l’Industrie,
Et Gérard SEGURA, Maire d’Aulnay-sous-Bois